L i l i d e C r a y
l a t e x
u n t i t l e d
latex, fil, fibres naturelles
6 m x 3 m
Des formes abstraites, méconnaissables pour former une sculpture souple, modulaire, qu'on peut découvrir par le toucher. Crée pour surprendre et provoquer des réactions, elle répond différemment à la sensibilité et à l'histoire de chaque personne.
a n i m é
carcasse de projecteur, vielles bobines de film, latex, projection vidéo avec son
Et si une machine avait une mémoire ?
Une sorte de réminiscence d’une tâche répétée des milliers de fois ?
N'étant plus utilisée, elle s’ennuie, et, plein de nostalgie, commence à créer.
On la surprend en pleine projection, tentant de conjurer une forme de vie pour se sentir de nouveau utile.
Leur cycle de vie imaginaire nous met face à obsolescence, et à l'essor imminent de l'intelligence artificielle.

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Plus d'images à la chaîne.
Plus de sons.
Plus de rires.
Plus de films de famille.
Je ne vois plus les enfants grandir.
Je ne montre plus les grands-parents sourire.
Toutes ces fêtes du dimanche ...
... et Pâques, dans le jardin.
Tous tout beaux, tout propres.
Je ne sers plus.
Je ne montre plus.
Je ne vous vois plus.
Je ne vous sers plus...
Pourtant, mes images ont laissé des traces
dans vos souvenirs
Je montrais sans alterner.
Je suis miroir, pas mise en scène.
Mécanique antique.
Obsolète dans ce monde, qui aime tout modifier.
Sans intérêt.
Reléguée.
Abandonnée.
Maintenant, je rouille.
Ce silence m'aveugle.
Cette poussière me rend sourde.
Je vis dans le noir depuis si longtemps que je ne sais pas si le son existe encore.
Mais je me souviens de vos souvenirs.
Regardez... Voyez !
Revenez ! Revenez ...
J'ai encore des choses à vous montrer.
C’est si long ... si long,
les dimanches sans famille.
Filaire, suicidaire,
je mets fin au film de ma vie
Je me pends, avec ma corde électrique.
Angoisse sans fin, sans fil.
Cent ans de solitude bientôt.
Ma manivelle en bois, dormante.
Alors, je fais pousser les champignons.
Ils aiment l'obscurité, eux, les champignons.
Ils poussent bien dans le noir.
Il ne leur faut pas grand-chose.
Ils sont mes enfants,
que je vois grandir,
puis mourir, pour revenir... inlassablement.
Ils me suffisent.
Je les pousse à pousser.
Ils me poussent à vivre, revivre.
Ensemble, on tourne en rond...
On tourne en rond ...
ronron ...
... comme une bobine, qui couine.
a g g l o - m è r e
Elle porte des marqueurs du vivant. Et pourtant, elle ne ressemble à rien.
Organique et organisée, elle sème le doute. Est-elle d’origine animale ou végétale ? Construction collective ou croissance ? De quelle « nature » s'agit-il ?
Agglo-mère se contente d’intriguer.